PDF COLLECTION Designer.euse.s infiltré.e.s

Distillerie pirate de Pastis nichée au sein de l’École Supérieure d’Art et Design de Saint-Étienne, une entreprise qui avait pour siège social l’adresse de l’établissement. une boîte aux lettres au nom de la distillerie, ainsi qu’une serrure et sa clé artisanale qui n’étaient donc pas reproductibles chez un serrurier. Pour des raison évidentes liées à l’illégalité du projet, la distillerie était camouflée et prenait appui sur des dispositifs existants : le matériel de distillation que mis en place pour la badiane se calquait sur les circuits de tuyauteries et les réseaux électriques des bâtiments, les macérations des plantes se faisaient dans des mallettes semblables aux valisettes de perceuses ou de caméras, disponibles à l’école. Quant à la vente des bouteilles d’alcool, elle s’est faite grâce au moyen de cartes de paiement attribuées aux étudiant.e.s (petites cartes plastifées d’une valeur de 5€ à 15€ disponibles à l’administration). L’usage de ces cartes me permettait d’éviter toutes transactions d’argent liquide et rendait ainsi invisibles et intraçables les ventes. La récupération des « lots » (terme qui désigne les bouteilles) se ferait le jour du diplôme via des casiers mis à la disposition des étudiant.e.s, pour conserver leurs affaires à l’école. À l’instar de lockers, ils étaient empilés, numérotés et cadenassés pour permettre aux client.e.s d’être autonomes et de garder leur anonymat. Le dispositif « École » est alors devenu support et façade d’une activité économique et m’a permis de solder les frais de scolarité de ma dernière année d’études.